Parmi les humains ne connaissant pas cette réplique du film : « the good, the bad and the ugly », il y a 3 catégories : ceux qui sont nés au 21eme siècle, ceux qui n’ont eu accès à aucune forme de civilisation, ni aucun contact avec une forme de vie humaine en trente ans, et enfin les sourds et aveugles.

Je pensais récemment à la condition des sourds-aveugles ! Comment vivent-ils ? Je vous laisse imaginer la situation : vous êtes un nouveau-né, à peine sorti du ventre de votre mère, vous n’entendez rien, et vous ne voyez rien… Vous grandissez, vous avez 2 ans, 3 ans, 4 ans, chaque fois que vous avez faim (une simple sensation indéfinie pour vous), on vous met des trucs dans la bouche, vous mâchez, avalez, puis la faim disparait. Vous sentez qu’il y a des choses étranges, plus grandes que vous qui vous touchent sans arrêt, mais vous n’êtes pas sûr qu’il ne s’agisse pas d’une part de votre propre corps ! D’ailleurs, qu’est-ce que votre corps ? Vous posez-vous seulement la question ? Et vous savez quoi ? Je crois que le sujet est si fort en termes de retombées philosophiques (j’en suffoque tant que j’ai du mal à écrire) qu’il mérite d’être approfondi ! Et je fais le serment sur ce que j’ai de moins cher, d’y consacrer un prochain article ! A ce qu’il me semble, je n’ai jamais vu, ni entendu parler de ce type de handicap, est-ce que cela fait justement de moi un handicapé de la sorte≈ ?

Je crois que si on peut démontrer de manière irréfutable que cet accident est impossible, on aura enfin prouvé l’existence de Dieu. (φ)

Et pour finir, est ce que ce n’est pas une piste à creuser pour libérer des places de prison ? (φ)

Mes excuses !

Le bon dit à la brute : « il y a deux catégories d’Homme sur Terre : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent ».

Pourquoi cette phrase est si marquante ?

Pourquoi cette phrase est si drôle ?

L’humour est une réaction involontaire. Une réaction involontaire à quelque chose qui nous déstabilise. Qu’est-ce qui nous déstabilise plus que la vérité nue ? Il ne s’agit pas d’en faire une généralité, car bien souvent, le rire nous prévient aussi des dangers d’un mensonge bien déguisé. On peut cependant faire la différence entre mensonge et vérité par leur ténacité. En effet, rien n’est plus indélébile qu’une vérité crue ! Ceux qui sont religieux reconnaitront là l’une des propriétés de ce qu’ils appellent Dieu : il est vérité absolue et pure, et cette vérité est éternelle. Mais ne restons pas trop longtemps dans la case religieuse, elle est comme une belle plage de sables mouvants, lorsqu’on s’y aventure, le risque est grand de s’enfoncer et de se noyer ! J’en reviens donc à la valeur éternelle de la vérité. Pour tout élément de ce monde : plus sa teneur en vérité pure est élevée, plus il sera pérenne. C’est ce qui arrive donc à certaines répliques de film, de théâtre ou de littérature comme celle-ci. C’est ce qui arrive à toutes sortes d’œuvre d’art, devrais-je dire !

Tout ça pour ça !

Mais bien-sûr que non ce n’est pas fini ! Vous êtes trop impatients ! Comme tous vos congénères… Il faudrait twitter en 160 caractères et aller droit au but ! Ceci n’est pas un match de foot, c’est un blog≈ ! Et je conduirais mes raisonnements comme cela me chante, parce que je fais ce que je veux, et que si vous n’êtes pas content, vous pouvez toujours aller voir un blog grec !

Il y a dans cette réplique, une vérité fondamentale et universelle que notre esprit saisit malgré nous.

Je suis prêt à parier que si vous allez montrer ce film à un membre de Daesh (état islamique), vous constaterez que même l’esprit le plus perdu y est sensible. (A tous ceux qui tiennent à relever ce pari, je prierais de ne surtout pas rentrer en contact avec moi).

L’homme qui creuse représente le commun du mortel. Nous sommes presque tous dans cette catégorie : celle des brutes qui creusent. À partir du moment de sa naissance, il est préparé à creuser une tombe dans l’espoir de trouver quelques sacs d’or, ce qui le remplit d’espoir. Parce qu’il n’aime pas creuser ce pauvre homme, mais il le fait pour améliorer sa condition, dans le but de ne plus creuser justement… Malheureusement, son action est vaine ! Comme tout mouton, il ne fait que suivre ce qui lui est imposé : d’abord par son conditionnement de brute, car tout ce qu’il a appris de la vie, c’est que sa condition sera améliorée par les sacs d’or, si seulement il les trouve ! Et il ne sera plus ce pauvre diable qui creuse, mais un être hédoniste et oisif, les pieds en éventail, une paille au bec, avec un esclave sexuel à disposition et prêt à le satisfaire. Et, puisqu’il a été conditionné dans un monde d’esclavage, le voici dans une situation dans laquelle un autre être est mieux armé, et possède pour cela le pouvoir de lui ôter son idéal onirique, donc il le domine, et se rend propriétaire par avance du résultat de son travail, juge et répartiteur tout puissant de l’éventuel butin.

Si tu ne creuse pas, tu meurs, et puisque ton idéal se trouve dans cette vie et dans ce monde, tu creuse une tombe qui sera la tienne. A défaut de la vie idéale, tu te nourris, ne serait-ce que pendant ces quelques instants grappillés par ton obéissance servile, de l’espoir que te procure la vision de ta vie alternative, peut-être utopique.

A craindre pour sa vie, que l’on perdra quoiqu’il arrive, on devient esclave de celui qui a le pouvoir de la prendre.

A partir ce moment, l’inconditionnel du film dont je tire mon exemple (« Le bon, la brute et le truand » en français), se dit que je déraille complètement, car la brute ne creuse pas sa propre tombe ! Mais non ! De plus je décris une fatalité qui n’existe pas, puisque la brute sait qu’en creusant, le bon va épargner sa vie… Mettons-nous au clair : c’est un exemple que j’ai choisi et dont je tire ce que je veux, et que je transforme à souhait ! Les contestations diverses m’en touchent une sans faire bouger l’autre ! Cet exemple est la base d’une réflexion dans laquelle celui qui menace n’est pas le bon, il peut aussi bien être le mauvais ou le sage, et pour le reste, je fais ce que je veux !

Le monde est effectivement divisé en deux catégories : ceux qui creusent et ceux qui ont une arme chargée… Ceux qui ont une arme sont divisés en deux catégories : sages et mauvais !

Une des lois les plus incroyable et les plus criante de vérité que la nature nous donne se révèle sous forme mathématique, et on la nomme fractales. Voici le début d’une fractale, bien que grossière et hasardeuse : le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont une arme chargée et ceux qui creusent, ces derniers constituent l’écrasante majorité de la population. La catégorie minoritaire, celle de ceux qui ont une arme chargée se divise elle-même en deux : ceux qui sont sage et ceux qui sont mauvais, c’est-à-dire qui oppressent, ces derniers constituent l’immense majorité de la totalité des hommes armés. Nous pourrions encore diviser ceux qui sont sages en deux catégories (les optimistes et les pessimistes), puis diviser la minorité, et ainsi de suite pour en arriver à l’Homme parfait, le sage ultime, le meneur idéal, la quintessence de l’intelligence humaine… c’est une fractale, loi de vérité naturelle.

Les poumons sont un exemple de fractales dans la nature. Une forme plutôt agréable esthétiquement à mon goût! La beauté est un autre reflet de vérité selon moi, j’espère bien que nous en reparlerons!  Regardez, c’est joli n’est-ce pas?

poumon

Je m’intéresse à la catégorie des mauvais, ceux qui font creuser les brutes. Ils ont une arme chargée : ils ont cet objet qui permet de faire plier l’autre car sa vie est en jeu. Cet élément a pris des formes multiples au cours du temps, et c’est la raison pour laquelle il ne faut pas tant s’attarder sur l’arme que tient le mauvais que sur ce qui fait de lui ce qu’il est. Je suppose qu’au départ c’était la force… comme chez tous les animaux, c’était le plus fort du groupe qui dictait sa loi aux autres, puis des objets ont petit à petit rendu la force accessoire… Vint la loi du plus malin, du mieux outillé… Si on veut les résumer, de toutes les armes qu’a pu détenir l’être humain, le dénominateur commun est le savoir.

Le sage n’est-il pas celui qui sait ? Dans cet exemple, non.

Le mauvais est celui qui accède au savoir par accident.

Il est remarquable que tous les savoirs ne soient pas utiles pour dominer l’autre. Il suffit donc d’acquérir le bon savoir : actuellement, politique, économique ou technologique sont les plus utiles et à l’époque d’Alexandre, le savoir militaire (encore très utile de nos jours). Mais le mauvais n’a pas une nature différente de la brute, ce qui diffère c’est leur chance. Le mauvais est une brute qui s’est retrouvé par hasard dans un contexte d’accès à l’arme qu’est le savoir. Un fils de président ? La plupart des enfants de milieux aisés ? Qu’importe l’exemple, vous pouvez en trouver une quantité affolante : le résultat revient à notre constat de départ : la majorité des êtres humains armés sont des mauvais.

Pourquoi sont-ils mauvais ?

Parce qu’ils sont constitués, comme les autres brutes, pour chercher le plaisir, la simple et basique satisfaction de leurs besoins dans le temps qui leur est imparti sur Terre, ils poursuivent ce but coute que coute.

Aveugles et sourds, ils ne font que nourrir un corps dont la conscience reste embryonnaire. (φ)

compare

Le conflit chez l’être humain se résume toujours à cette relation entre celui qui est armé et celui qui creuse. Et l’ensemble fonctionne très bien tant que la brute creuse… mais Blondin a précisé « ceux qui ont une arme chargée » ! Bien sûr, le mauvais ne se battra que s’il sait qu’il sera victorieux, car l’arme de l’adversaire est déchargée ! Quand une puissance militaire se lance dans un conflit armé, elle sait qu’elle est mieux équipée. Les États-Unis n’attaqueront pas la Corée du Nord, Ni la Russie, Ni la Chine, ces coquins-là risquent d’être aussi très bien armés !

Le jeu devient intéressant quand chacun pense être le mauvais (celui qui a le pistolet chargé) : ce qui est arrivé lors des guerres mondiales !

Les affrontements, les intimidations, les amitiés, les alliances… Tous les jeux qui se jouent dans l’humanité, à toutes les échelles, se résument à un basculement de brute à mauvais, de mouton à loup, d’esclave à maitre, et cela entre des êtres qui ont absolument la même nature et les mêmes aspirations.

Je n’avais pas plus de 12 ans, la fleur de la puberté, lorsque j’ai lu un roman qui m’a marqué pour plusieurs décennies. C’était un de ces livres qui n’est ni un chef d’œuvre, ni hors du commun, ni un excellent roman, ni… Passons. Je suis tombé par hasard sur ce bouquin, dont je ne me souviens que très partiellement, mais dont j’ai tiré la seule chose sans doute, qui était vraie. Je m’en vais le partager : ce sera la meilleure manière d’introduire mon troisième personnage. Avant de commencer, je lance un appel à l’auteur, ou à toute personne ayant lu ce livre : ne formulez aucune critique sur la complète relecture que je fais, car ceci n’est qu’une inspiration et, au risque de me répéter, je ne me rappelle pas de ce satané bouquin ! « Oui, mais dans ce cas, il suffit d’aller sur internet, à la bibliothèque, interroger des libraires, ou que sais-je ! ». Alors, une bonne fois pour toute, je fais ce que je veux, et toutes ces petites remarques commencent vraiment à me courir sur l’arachide ! Premièrement, j’ai la flemme de retrouver un livre que j’ai lu il y a 100 ans et qui n’a pas marqué l’histoire de la littérature (pardon à l’auteur), deuxièmement, je ne tiens pas à être précis, et pour finir, relire la vraie histoire risque de me détourner de mon objectif.

Voici l’histoire :

Des sarcophages de cryogénisation s’ouvrent et en sortent des hommes, notre héros, que je vais appeler François, est l’un d’eux. Ils sont nus, et ne savent ni qui ils sont, ni où ils sont. Sous le choc, ils commencent par découvrir leur corps, ils tâtent, observent les réactions de réflexe, font les premiers pas, comme des poulains à la naissance. Ils voient les uns les autres, se comparent et réagissent par le rire à ce qui les surprend : les similitudes, les sons, les réactions des uns aux autres, la douleur. Après cette étape qui dure un petit moment, ils sont pris de sentiments très divers. François observe autour de lui, puis, à l’entrée de la grotte, il voit une lumière. Il s’avance vers elle, tiraillé entre la peur, la curiosité, le plaisir, mais aussi la faim. Tous ses compagnons ont également le ventre qui gargouille et qui se contracte. Très vite les voilà qui tombent sur une boite contenant des boules rouges et rondes que leur instinct leur commande de mettre dans la bouche et de mâcher. L’un des hommes, Frank, est chétif, faible, certainement à cause d’un dysfonctionnement de son sarcophage. Affamé, le groupe rejette instinctivement le faible, qui se retrouve par le plus grand hasard près de François le rêveur affamé qui ne pense pas à manger. Les deux hommes sortent de la grotte l’un par curiosité, l’autre par dépit, et ils découvrent un monde vaste et verdoyant, un sentiment de bonheur et de plénitude les envahit alors tous deux ! Les deux compagnons vont de l’avant, et doucement, ils se mettent à nommer tout ce qu’ils voient, le nombre de mots grandit dans leurs esprits, et très vite, ils réalisent qu’ils peuvent même décrire des pensées, des images ou des sensations qui se trouvent en eux, sans qu’ils les aient vus à l’extérieur. François et son ami se nourrissent de baies, qu’ils trouvent en abondance dans ce petit monde. Je ne vous l’ai pas dit : ils sont dans un monde miniaturisé dans lequel des bonzaïs sont des baobabs. Très vite, ils se font attaquer par un lézard, et François, courageux, s’empare d’un bâton pointu et le plante dans la tête du lézard, après un rude combat. Nos deux amis découvrent ainsi que l’on peut tuer un être en lui enfonçant un bâton pointu dans le corps, mais aussi que la viande d’animal est délicieuse et coupe la faim pour longtemps. Quelques jours passent, et François ne cesse d’explorer et de contempler ce monde incroyable, l’obsession grandit et se précise en lui : il veut savoir ce qu’il fait là, et qu’est-ce que ce monde ! Les deux hommes arrivent au pied d’une montagne infranchissable, et François y voit l’opportunité de découvrir peut-être l’une des limites du monde et le début des réponses à ses questions. Mais son ami Frank ne veut pas aller plus loin, car selon lui, ils en savent assez pour être heureux, et ils sont effectivement comblé depuis des jours ! Ils se séparent. Ne pouvant rester seul, tant les dangers demeurent impressionnants, et le travail pour vivre heureux important, Frank retourne à la grotte et trouve les autres au bord de la mort, affamés. Il tente de les conduire à l’extérieur, mais le plus fort du groupe est contre cette idée, Frank lui plante alors son bâton pointu dans le cœur. Tout le groupe, apeuré et impressionné suit Frank sans discuter, et désormais, ils travailleront sous ses ordres pour nourrir le groupe, ce qu’ils font avec plaisir, car avec Frank, ils ont bien plus à manger que dans la grotte.

Le sage.

Ce qui m’intéresse dans cette petite histoire, c’est de distinguer ce troisième personnage que j’ai appelé le sage. Sa quête n’a pas pour objectif la domination mais elle en donne les moyens (φ). Son savoir ne se limite pas à un objectif fixé mais il en est l’architecte et le bâtisseur. Il me semble que cette catégorie d’hommes est aussi appelée : ceux qui aiment le savoir (traduisez en grec, je suis fatigué !), car ils ne sont animés que du besoin de vérité. Il faut être en prison pour commander à un prisonnier, mais le sage est libre (φ). Par sa nature, il ne peut pas entrer dans le jeu du monde, bien qu’il soit supérieur aux deux autres types d’Homme et qu’il soit l’idéal pour les guider.

La sagesse, comme celle de François, se situe certainement dans l’approche que l’on a du monde qui nous entoure : poser les bonnes questions, car la vérité est intrinsèquement simple. Le savoir lié à la sagesse peut donc s’acquérir dans un village, par des hommes simples qui sont dotés de ce regard que l’on appelle aujourd’hui « bon sens » comme une chose incroyable qu’il faudrait enseigner.

La plus grande et la plus ancienne philosophie du monde, celle que l’on retrouve encore en Afrique (en cherchant bien les ilots qui n’ont pas encore subit de marée noire intellectuelle), cultive cette relation à la simplicité de la vérité nue.

J’imagine que si l’on pouvait décrire le monde à un grand père ayant vécu toute sa vie dans un endroit coupé de tout, avec sa tribu, loin de toute invasion, et selon les gestes quotidiens répétés inlassablement depuis des millénaires ; vous savez, un de ceux qui n’auraient jamais entendu parlé de la réplique de ce film « the good, the bad, and the ugly ». Que dirait-il ? Comme tout bon africain sage, il répondrait certainement par les bonnes questions, celles qui sont simples, comme par exemple :

Nous sommes 7 milliards, comment nourrir tout le monde ?

Ah, on conserve toutes nos connaissances, nos écrits, on les garde comment ?

On va faire comment sans les poissons et les autres animaux ?

Si on habite tous en ville, qui cultive nos champs ?

Elles sont infinies ces questions, et nous pouvons tous en faire une liste de 30 pages. La sagesse est quelque part en chacun, juste une question de regard… Mais résumons-les à une seule, simple question :

Est-ce que nous pensons encore ?


L’aquarium

J’observe le monde, le regard hébété

La course folle des poissons dans leur bocal

Aucune issue à l’insensée cavale

Quelque obstinée la force que vous mettez

On s’avale, on se mange et se ronge

On Valse, ivres, le manège du monde

Se Disputant la part belle du songe

D’éphémères positions dans la ronde

Vacillant Sur vos quatre pattes tremblantes,

Maudissez donc ses appels, chair oppressante

Et devenez Homme, debout, le regard droit,

Car c’est de l’horizon seul, que l’Homme est roi.

 


 

petits signes: (φ) = à méditer 2 jours au moins!

(≈) = Humour douteux